Les principales associations de solidarité adressent une lettre ouverte au Premier ministre
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vendredi 11 juin 2010
Les principaux réseaux associatifs du secteur social interpellent François Fillon sur « les risques de nouvelles déchirures du tissu social ».
« Ne réduisez pas la dette au détriment de la solidarité », demandent les principales associations de solidarité, dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre, le 31 mai 2010. Par cette interpellation, l'Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux (Uniopss), l'Association des paralysés de France (APF), la Convention nationale des associations de protection de l'enfance (Cnape), l'Union nationale des associations de parents et amis de personnes handicapées mentales (Unapei), la Fondation Abbé Pierre, l'Union nationale de l'aide, des soins et des services aux domiciles (Una), la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars), la Croix-Rouge française, le Secours catholique et l'Association du service à domicile (ADMR) veulent mettre en garde le gouvernement sur « les risques de nouvelles déchirures du tissu social » que pourraient engendrer les mesures de réduction de l'endettement public.
« Nous estimons que les régimes d'allocations sociales, en particulier ceux qui sont destinés à subvenir aux besoins essentiels des plus faibles, qui sont aussi des moyens de conserver leur dignité, devraient être préservés, voire même améliorés compte tenu des pertes nettes de pouvoir d'achat subies depuis ces dernières années, d'autant que la crise risque d'avoir pour effet de creuser davantage les inégalités et la pauvreté », écrivent les présidents d'associations signataires du courrier, Dominique Balmary (Uniopss), Jean-Marie Barbier (APF), Michel Desmet (Cnape), Régis Devoldère (Unapei), Raymond Etienne (Fondation Abbé Pierre), André Flageul (UNA), Nicole Maestracci (Fnars), Jean-François Mattei (Croix-Rouge française), François Soulage (Secours catholique) et Michel Tanfin (ADMR). Les représentants associatifs demandent donc à François Fillon de maintenir, voire d'amplifier, « plusieurs programmes de soutien à diverses activités dans nos domaines ». Et de citer :
- les programmes relatifs à l'accueil, à l'accompagnement et au traitement de personnes atteintes de certaines maladies ou handicaps ;
- les programmes concernant l'accueil de la petite enfance et la protection de l'enfance ;
- l'hébergement des sans-abri ;
- le logement social;
- les personnes âgées ;
- les centres de formation d'apprentis.
« Nous serions très désireux, Monsieur le Premier ministre, que vous acceptiez de rencontrer les associations de solidarité pour évoquer les aspects sociaux de la politique de réduction des déficits que vous entendez conduire. Notre souci n'est pas d'abord celui de la défense de nos organismes et de nos structures, mais celui des personnes au service desquelles nous sommes engagés. Notre démarche est, à la fois, politique et gestionnaire », sollicitent les dix présidents signataires de la lettre ouverte.
Cette lettre ouverte est parue dans la rubrique « Débat » du quotidien Le Monde daté du 8 juin 2010.